Mettant en scène des non-acteurs de l’âge d’or, Nous voilà rendus affiche sa propre dégénérescence directement sur scène. Anne-Marie Ouellet explique que, de sa mise en scène, plusieurs parties sont maintenant impossibles à recréer : certains participants et participantes, maintenant trop vieux, trop malades, ne peuvent plus faire acte de présence dans le spectacle. Nous voilà rendus se trouve donc à être une pièce perpétuellement incomplète, jamais présentée dans son entièreté, mais dont chaque représentation comporte son lot de moments uniques. Difficile de savoir si ces derniers sont choisis, prévus, mais la question se trouve finalement à avoir peu d’importance. En donnant parole aux plus âgés, Anne-Marie Ouellet donne à apprécier ceux qui portent le poids d’une vie entière sur leurs épaules. Le caractère relâché de l’exercice peut irriter, surtout lorsqu’il se trouve en contraste avec les conventions théâtrales, mais rehausse la réalité de l’ensemble. Malgré leur maîtrise théâtrale variable, Nous voilà rendus réussit, avec ses acteurs amateurs, à représenter le vieillissement de façon directe et empathique.