adieumbassAvis aux intéressés, ceci sont les impressions d’une jeune femme n’ayant jamais été en contact avec la danse contemporaine.

Adieu et merci de Latifa Laâbissi m’a surprise, bien évidemment, par… par tout, pour tout vous dire.

Adieu et merci ne fait pas qu’utiliser un thème (celui des salutations, des adieux), mais se propose de l’incarner physiquement, d’y poser un regard critique. L’auteure pose, selon moi, un regard essayistique sur son sujet, se propose de le décortiquer, de le mettre en scène, de le performer physiquement plutôt que de le «jouer» simplement. La mise en scène, simple mais élaborée dans le souci du détail, accompagne parfaitement le propos : un large rideau partage la scène avec la danseuse, la met en valeur ou la dissimule, allant de pair avec un jeu d’éclairage qui crée des effets d’ambiance et de texture entre elle, le rideau et son environnement.

Grâce à la lenteur du commencement, le public est invité à entrer dans l’intimité de la danseuse, à se laisser bercer par le silence et sa silhouette qui se meut, silhouette à la base couverte d’une robe et d’une barbe. Très vite par contre il se retrouve confronté à une nudité brutale, un changement de registre violent, ce qui étonne, voire choque sur le coup.

Le spectateur est dès lors pris au piège, il est confronté à une danse endiablée qui inclut des éléments grotesques, des grimaces, des mouvements emportés, il est confronté au regard d’une artiste qui ne se contente pas d’être nue et regardée, mais qui scrute elle-même ses spectateurs.

 

Du début à la fin, j’ai été médusée par le jeu.
Jeu du thème, jeu avec le public, jeu du corps.

 

Très sincèrement
Patricia Houle, humble étudiante en littérature
Ambassadrice de l’Usine C.