impambassLorsque j’ai assisté à la première d’Impatience, vendredi dernier, je suis entrée dans la salle sans attentes particulières, avec, en tête, une idée vague telle que « Ça va parler d’adolescence », ayant parcouru au préalable le pamphlet distribué à l’entrée.

En fait, pour faire une histoire courte, je me trompais.

Impatience ne « parle » pas vraiment d’adolescence. La construction de ce spectacle, effectuée par le biais de plusieurs processus créatifs tels que l’exploration sonore et langagière ainsi que l’improvisation, n’impose pas un simple propos sur l’adolescence; on y montre l’adolescence. Le but n’est pas ici, comme nous l’avons maintes fois vu dans notre société, de « comprendre notre ado », mais bien de l’observer, d’y voir une certaine poésie, de l’hésitation.

Ainsi, L’Eau du bain explore sa thématique, car mettant en scène des adolescents et des adultes, des comédiens et des non-comédiens, créant par le jeu, ils ne stigmatisent pas les adolescents, ne les enferment pas dans une vision d’adulte. Ils les laissent être ce qu’ils sont, avec leurs identités mouvantes et tout ce qui s’en suit. Ainsi, l’adolescent n’est pas présenté simplement comme un être « chamboulé par ses hormones », mais bien l’élaboration d’un individu en devenir, une sculpture infinie.

C’est ainsi que se met en place un jeu d’écoute, un jeu d’observation, un jeu d’acceptation.

L’impression que m’a laissée ce spectacle est celle d’avoir assisté à un peu de magie, un peu de poésie, à beaucoup d’intensité, et à un soupçon de drame et de passion. M’étant si souvent dit « mais quelle horreur qu’être adolescent… » (du haut de mes dix-neuf ans), j’en suis ressortie avec l’impression que l’adolescence, c’est beau. Difficile, mais assez spécial pour receler son once de beauté.

 

Sincèrement,
Patricia Houle.