necessaire-et-urgent_AMBASSDécidément, j’aime Hubert Colas. Comme lors de « Face au Mur » en début d’année, j’ai eu le sentiment hier soir d’assister, lors de la première de « Nécessaire et urgent », à une sorte de théâtre à l’envers. Il m’a semblé que ce que l’on déployait devant nous ressemblait davantage à un processus de création live où l’on accompagnait l’auteur dans ses recherches qu’à un rendu plus fermé. Plutôt que de suivre un fil, on est exposé à l’infini des possibles autour d’un thème, celui de descendants d’un exil (juif-polonais).

Comme on me le faisait remarquer après coup, nos cerveaux ne cogitent dans tous dans le même sens. Or, force est de constater que le procédé de Colas est pour le mien hautement inspirant. J’ai beaucoup aimé.

Le hasard – un pur hasard – m’a fait m’emparer quelques jours avant la pièce d’un roman de l’israélien Amos Oz, Une panthère dans la cave. Le livre raconte l’histoire d’un garçon surnommé Profi durant le mandat britannique en Israël dans les années 40. Son père travaille à l’écriture d’une histoire des Juifs de Pologne. Le garçon appartient à une deuxième génération de migrants, tout comme l’auteure du texte de Nécessaire et urgent, Annie Zadek. Je pense avoir reconnu une certaine parenté dans les références. C’est dire que, aussi dé-configuré qu’était le propos en vertu de la forme interrogative utilisée tout au long de la pièce, l’histoire était tout de même celle de gens en chair et en os, et donc, particuliers.