qua_ambassMon commentaire est avant tout une invitation lancée à l’endroit de ceux qui le liront.

La pièce Quand je pense qu’on va vieillir ensemble, des Chiens de Navarre, a eu sur moi un effet libérateur. J’ai d’abord eu peur que l’absurdité du premier abord (des éléments scéniques hétéroclites, des comédiens défigurés gesticulant et courant dans la salle, un non-sens contemporain, disons), soit trop omniprésente pour exposer quelque propos ou linéarité que ce soit. Mais en fait, à ce jour (mes jours de jeune individu), jamais je n’ai assisté à une pièce de théâtre aussi juste dans ses propos.

Les chiens de Navarre, ici, dans leur création collective, ont su mettre en scène, de manière jubilatoire et déchaînée, les thèmes qui, eux-mêmes, modulent l’absurdité de nos vies. Des thèmes tels que la représentation de soi, le conditionnement de notre nature fondamentale, la recherche de Bonheur… Le tout en faisant rire, d’une façon certaine (d’une certaine façon).

On parle ici de rire, mais d’un rire qui ne vient jamais seul : ici, « rire de (…) ».

Le rire l’absurde est jaune. Nous avons ri de. Ri des comédiens semble-t-il; ceux-ci riant en fait de nous, de tout, de la vie, de la société, des impératifs de la modernité, quitte à s’attaquer à des cordes sensibles, à des violences que tous subissent. C’est dans cette dimension que nous nous reconnaissons intrinsèquement et qu’au final nous réalisons que l’absurdité, loin de n’être que sur la scène, se trouve aussi au cœur de la mise en scène de ces vies que la plupart veulent « rangées ».

 

 

Mes propos pourraient sembler, aux lecteurs potentiels, absurdes ou vagues, mais je fais ici la promesse que, dans cette pièce, ils vous sembleront justes. Car le propos y est (au cœur de la folie et de l’exacerbation), je le réitère, extrêmement intelligent.

Je fus conquise.

Sincèrement, Patricia Houle.