Entre la survie des êtres vivants de par son élément clé, l’eau, et la survie d’un système capitaliste, le moins pire des systèmes économiques, il y a un équilibre à respecter. Le partage des eaux par Annabel Soutar décrit cette mince ligne qui sépare ces deux camps dans un théâtre-documentaire à la mise en scène exceptionnelle (Chris Abraham). D’un côté, il y a la RLE (Réseau des lacs expérimentaux) qui ne se veut pas contre l’exploitation de nos ressources naturelles tant que c’est bien fait et ce dans le but de garder l’héritage environnemental le plus intact possible pour les générations futures et de l’autre, un gouvernement conservateur qui désire couper dans les dépenses afin d’éliminer la dette et faire de l’exploitation des sables bitumineux une ressource lucrative et ce, peu importe l’empreinte écologique.

La pièce ne se veut pas être démagogique. Peu importe du côté où l’on se trouve, on comprend les raisons des deux camps, mais surtout on comprend le chemin que parcours Annabel qui désire plus que tout mettre son projet à terme, soit celui de la pièce que l’on regarde, et ce malgré toutes les embûches qu’elle croise.

Le jeu est intense et la mise en scène ne nous fait jamais décrocher. Telle une danse où tout s’enchaîne à la perfection, Le partage des eaux sait autant captiver notre intérêt pour les enjeux environnementaux et politiques que pour l’art de la scène. Une pièce à voir et à revoir!

Geneviève Plante, yulorama.com