necessaire-et-urgent_AMBASSNécessaire et urgent fut à la fois une escapade et un confinement. La pièce en entier, nous retient et nous repousse, du début à la fin, sollicitant réflexion après réflexion, mais nous autorisant à s’évader, souffler dans la fumée et revenir. Les questions s’enchaînent de manière vertigineuse, tout d’un coup le futile apparait impératif, la gravité devient anecdotique. Et c’est ainsi que j’ai voyagé dans un monde qui n’est pas le mien mais auquel n’importe qui peut s’identifier, parce qu’on transporte tous des histoires inachevées. La froideur des habits gris, la boîte de verre au milieu de la scène telle une chambre à gaz, l’épurement austère du décor, tout m’as donné l’impression d’être dans le carcan d’une tête angoissée, dans ces moments où on est envahi par nos craintes et nos interrogations, sans savoir où aller chercher l’apaisement.

L’exil comme trame de fond, le rapport d’une 2ème génération à celle-ci, le tourbillon de ceux qui partent d’un océan à l’autre, de force ou de plein gré, à la recherche de quelque chose de mieux, mais ne pas être certain d’avoir finalement trouvé mieux. La pièce conjugue l’abstrait et le concret, un peu comme les exilés passent leurs vies à tenter de conjuguer ici et là-bas, le passé et le présent, sans jamais être complètement libérés, ni ici, ni là-bas, surtout pas du passé et ni même du présent. Enchaînés dans ces prisons intérieures qui nous suivent comme des ombres, peu importe où on ira.

Dalila Awada, ambassadrice