Il faudra oublier la version classique de ce grand drame de Shakespeare, car la mise en scène d’Angela Konrad brasse de tous côtés les normes du théâtre anglais. D’ailleurs, dès notre arrivée dans la salle, les trois sorcières (masculines) nous accueillent sous une musique à influence tribale nous projetant déjà dans une atmosphère qui nous ébranle. Le côté brut, sale, trash de la mise en scène appui avec conviction la traduction de Michel Garneau qui se veut être une version très québécoise/joual de l’oeuvre classique. Le respect du texte original se marie très bien avec les clins d’oeil contemporains qui vont de l’opéra rock au fétichisme sexuel en passant par une arrière-scène visible de l’avant rappelant ainsi le côté voyeur et contrôleur et l’espoir d’emprise sur le futur qu’on a tous, un peu, en dedans de soi. On en sort déstabilisé, voire troublé, mais charmé par une performance d’une justesse sans équivoque.

Geneviève Plante – yulorama.com, ambassadrice de l’Usine C