La pièce « Le Partage des eaux », réalisée sous la forme de théâtre documentaire, a été particulièrement inspirante. En temps normal, un documentaire sur les lacs expérimentaux ne m’aurait pas interpellé, mais à travers la mise en scène d’une pièce et le jeu des personnages, le sujet m’a semblé passionnant. Au-delà du simple divertissement, ces trois heures permettent d’approfondir des connaissances sur cet enjeu d’actualité. Tout d’un coup, tout cela m’a semblé urgent, et comme l’auteure, je me suis demandé pourquoi nous ne sommes pas davantage mobilisés pour quelque chose d’aussi fondamental que la préservation de nos eaux.

Ceux et celles qui militent, pour une cause ou une autre, se reconnaitront dans les enjeux mis de l’avant par la pièce. Cette impression de ne pas se faire entendre. De voir les obstacles se dresser devant nous, les uns après les autres. Comment continuer de croire en une cause quand les actions semblent vaines? Et surtout comment faire le poids contre des géants, assoiffés de profit économique au détriment de tout le reste?

La pièce prend fin sur une discussion qui laisse une impression fataliste, où nous, le 99%, n’avons qu’une minuscule marge de manœuvre, poussant à accepter les compromis. Renverser la tendance, sauver le peu de ressources naturelles en bon état qu’il nous reste, tout cela apparait par moment comme une triste utopie à l’ère du capitalisme, plus sauvage que jamais.

Dalila Awada