Le partage des eaux témoigne des tensions entre intérêts économiques et écologiques quant à l’exploitation des resources naturelles. Nous suivons le cheminement de l’auteure dans son enquête sur les lacs expérimentaux canadiens. Pour elle, difficile de garder le cap entre l’hermétisme des institutions de pouvoirs et les impératifs de la vie quotidienne.

Le rythme est soutenu, l’information dense. Si la structure et la mise en scène de la pièce évoluent dans un cadre plutôt convenu, ils remplissent tout de même leur tâche, celle de créer un sentiment d’urgence.

La seconde partie change de ton. Le contexte de recherche est mis de l’avant: comment créer dans un cadre familial? Dans un soucis de transparence, chaque anecdote compte, au risque de perdre le public dans le flot d’informations. On s’éloigne de l’urgence politique au profit des tergiversations plus personnelles de la protagoniste. Ses questionnements et incertitudes, au centre de la pièce, prennent parfois un ton didactique. Le contexte familial façonne le language de la pièce: les nuances et débats sont simplifiés, ils deviennent accessibles au plus jeunes. En les incluant dans le débat, l’auteure met en avant la question de l’héritage des générations futures et la pérennité fragile de nos choix politiques.

Roxane H.