Écrit en 1995 par l’Américain Doug Wright, primé du Off-Broadway Theater Award pour sa pièce, l’histoire de la fin de vie du Marquis de Sade est d’un propos d’une troublante actualité.

 

 

Le marquis de Sade (Robert Lepage), connu comme un auteur libertin, sadique et masochiste est séquestré dans l’asile de Chareton sous l’Abbé de Coulmier (Jean-Pierre Cloutier), où il continue d’écrire ses récits érotiques. Le docteur Royer-Collard est envoyé par Napoléon pour faire arrêter celui que l’on qualifie de fou. Jusqu’où vont-ils aller pour faire taire celui qui ne peut arrêter d’écrire ?

 

Le scénario porte principalement sur la liberté d’expression, mais est aussi empreint de thèmes aussi denses que subtils notamment sur les moralités, les hiérarchies sociales, les dictats de la société française, la religion et les mœurs sexuelles. Mise en scène par les deux comédiens principaux, Robert Lepage et Jean-Pierre Cloutier, la pièce est d’une richesse et d’une intelligence inouïes. Un espace scénique complètement transformé ; une manière de créer de l’espace où tout est permis, de tout les angles inimaginables afin que le spectateur s’en imprègne davantage. Au-delà de cet espace repensé, les métaphores maintes fois utilisées pour accentuer cette adaptation de l’anglais et du cinéma sont ingénieuses, au point où je fus prise de soubresauts à certains moments dans la pièce. La mise en scène n’est pas qu’accessoire ; certaines scènes, souvent les moins extravagantes, sont encore fortes dans mon esprit.

 

Soulignons le jeu d’interprétation juste, précis et dominant du duo Lepage et Cloutier.

 

Une grande question demeure encore et toujours : Où est-ce que la responsabilité de l’artiste commence et s’arrête ? Une question qui continuera d’alimenter les sociétés pour les siècles des siècles.

 

 

 

Émilie Barrette

Ambassadrice de l’Usine C