Un carré de bois, comme un bac à sable d’enfant, éclairé par les rebords au centre de la salle. Dedans 4 corps qui pendant une heure vont expérimenter tout ce qu’il est possible de faire avec leur propre corps et avec le corps des autres. On explore le souffle, la voix, le mouvement. Je parle de corps parce que plus le spectacle avance et plus on oublie que ces 4 danseurs sont deux hommes et deux femmes. Ils sont habillés pareil : un pantalon et le torse nu, 3 sur 4 ont les cheveux longs. Ce sont 4 corps qui bougent et qui parlent. Une phrase gimmick revient comme un leit motiv tout au long de la représentation « Qu’est ce que ça te fait quand je fais ça ? ». La question est adressé à soit même, aux autres, aux spectateurs, elle fait tantôt réfléchir, tantôt rire, tantôt peur. Pour moi le spectacle questionne l’image, celle qu’on renvoie aux autres, mais aussi celle que l’ont a des autres. Comment peut-on juger telle ou telle autre personne. Cette réflexion est profonde et symbolique mais ce qui est très agréable avec « Au sein des plus raides vertus » c’est que ça ne se prend pas au sérieux. Ce n’est pas une expérimentation sous cloche impénétrable par quiconque n’est pas acteur de celle-ci. Non. Le spectateur est tout le temps sur le qui vive, on l’agresse parfois, on le gène, juste un peu, juste assez, on le fait rire, on lui fait peur. Ce spectacle est une expérience riche, une sorte d’objet dansant non identifié et furieusement passionnant.

 

Constance