Georges Molnar et Émadou Payette-Brisson dans « Les âmes mortes », 1996 à l’Usine C. Crédit photo : Yves Dubé

« Georges nous a quittés la semaine dernière. Lentement, très doucement, sans fracas ni tumulte, sereinement entouré de sa famille. Il est parti dans un grand mouvement ralenti comme ceux dont il était le maître sur scène. Il est maintenant immobile quelque part, comme un Bouddha doré, dans l’infini de l’espace, nous regardant de son sourire malin.

Georges était mon ami depuis 50 ans. On s’était connu dans des cours de mime avec Michel Poletti à Montréal. J’ai fait mon premier voyage en Europe avec lui à 20 ans. De Bruxelles à Istamboul sur le pouce, puis en train vers Budapest chez sa tante. Il était comme mon grand frère aîné que je n’ai jamais eu, protecteur et complice. On s’est retrouvé plus tard à étudier chez Étienne Decroux à Paris le mime corporel.

Georges était un acteur corporel exceptionnel ; présence scénique charismatique, technique de jeu corporel hors du commun et physionomie si théâtrale avec sa grande barbe blanche.

Son rôle de grand-père dans mon spectacle « Les âmes mortes » de Carbone 14 aura été pour moi un grand moment de mon travail théâtral. Il a été sublime dans son interprétation.

Je garderai toujours avec moi cette image où il recueille le lait renversé par une jeune femme sur le balcon au-dessus de lui comme la métaphore exquise de sa jeunesse en allée. Il est parti ainsi, si délicatement, si harmonieusement… tout en sagesse.

Au nom de Carbone 14, de l’Usine C, de Danièle de Fontenay et en mon nom personnel, j’offre nos condoléances émues à sa compagne Michèle et à ses enfants et petits-enfants. »

Gilles Maheu

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