Quand Jan Martens a envie de soulever des débats culturels et politiques; il décide de le faire en minimalisant son vocabulaire chorégraphique en mariant une esthétique à la fois hypnotisante et haletante. Ces huit interprètes vêtues de costumes rappelant les vidéos d’entrainement des années 80 combinent à leurs sautillements interminables des mouvements clichés provenant directement d’une bonne classe d’aérobie. On a parfois l’impression de regarder des danseurs en plein entrainement cardio de niveau avancé.

On en vient alors à se demander quel type de relation le danseur développe face à son corps. Est-ce qu’une sorte d’endorphine, ce plaisir du sportif, les stimule à continuer de sauter quoiqu’il arrive? Ou encore, quel type de relation le chorégraphe construit avec ses danseurs? Je suis persuadée qu’un des ingrédients contribuant au succès de Jan Martens est cette capacité à amener, à travers ses créations, les bonnes questions au sein de la communauté de la danse.

Que l’on aime ou pas, on ne peut rester indifférent face à ses danseurs qui ne sont jamais au bout de leur souffle. Une chorégraphie mathématique, où l’on se surprend à compter les temps, comme une manière passive de soutenir le danseur dans leur exécution. Une œuvre où Martens nous assoit devant l’inconfortable.

 

Émilie Barrette