Sur scène, huit danseurs exécutent inlassablement des sauts. Les mouvements très simples inspirés de l’univers de l’aérobie, créent une danse qui devient hypnotique. Nous sommes nous aussi alors entrainé dans cette transe aux rythme incessant, presque méditative. 

Comme dans un défilé militaire ou un entraînement de gymnastique rythmique, l’enchaînement de la chorégraphie, répétitive et complexe, est organisée et synchronisée avec précision. Cette cadence crée une unité : on ne voit plus qu’un groupe, dont les danseurs imperturbables vibrent à l’unisson dans une impressionnante performance physique. 

Pourtant tout au long du spectacle, on ne peut s’empêcher de ressentir un certain malaise qui nous pousse à nous questionner. Est ce vraiment un spectacle artistique? Quelle est la place du spectateur? À quel moment commence la performance du danseur? Où sont les limites entre la performance sportive, la danse et le divertissement? Que cache cette quête de perfection et de dépassement de soi? Y a t-il un parallèle à faire avec notre société contemporaine où l’individu est parfois soumis au loi du groupe?

Clémentine Poupineau