Avant de passer à table pour cette raclette, oubliez votre représentation classique du théâtre où le public, passif, voit l’intrigue se dérouler sous ses yeux confortablement installé dans son fauteuil. Car ce qui semble être un banal repas entre voisins va vite devenir le point de départ d’une relation bien plus profonde entre les comédiens et vous, spectateurs.

Le ton est donné dès le début… Alors que le public se met en place dans les gradins, la troupe occupe déjà les planches et se livre à quelques improvisations, n’hésitant pas à interpeller certaines personnes dans la salle. Les réparties fusent, les rires résonnent. La scène se construit, les personnages prennent vie et nous embarquons dans l’histoire au gré de jeux de lumière et d’odeurs qui viennent chatouiller nos narines. On s’y croirait presque. On la sent cette raclette. D’ailleurs, on en salive !

À travers un réalisme peaufiné, les Chiens de Navarre nous invitent dans ce souper, nous plongent dans ces situations cocasses que l’on connaît bien, nous emportent même aux frontières d’un ennui maîtrisé avant de provoquer nos méninges par une série de ruptures absurdes ou métaphoriques mais toujours déstabilisantes. Des provocations qui nous poussent à quitter notre rôle de spectateur passif pour nous faire réagir et nous pousser au questionnement.

Une chose est sûre, cette raclette ne vous laissera pas indifférents !

Anne-Laure Rique, ambassadrice de l’Usine C