Êtes-vous de ceux et celles qui pensent souvent à la mort? C’est mon cas, au quotidien. Pour deux raisons: la peur de l’inconnu et la peur de partir sans avoir été utile. C’est encore ces pensées qui m’ont traversé l’esprit en regardant la pièce « Nous voilà rendus ».

À mon sens, c’est une des choses qui rend une œuvre artistique percutante; sa capacité à nous faire vivre des émotions.

Les éléments techniques mobilisés tout au long de cette présentation ont contribué à cet effet, mais mon coup de cœur fut définitivement les sons et la musique. Surtout ce crépitement lugubre qui ressemble étrangement à l’idée que je me fais de la solitude qui accompagne souvent la vieillesse, quand le compte à rebours est commencé. Que ceux autour de nous partent tranquillement, l’un à la suite de l’autre.

Les dialogues étaient un peu timides, j’aurai écouté ces personnes nous parler davantage, de leurs douleurs et de leurs souvenirs, même ceux aux bouts manquants. Je me suis demandé si je prends assez le temps d’écouter les personnes âgées dans mon entourage me parler de ces douleurs physiques qui ne leur offrent aucun répit au quotidien.

Vieillir nous condamne-t-il à souffrir en silence? À oublier en silence? À partir en silence? Pour déranger le moins possible ceux et celles qui dansent encore.

Et moi quand je serai rendu là, à quelques mois ou à quelques semaines de la mort, quand le corps ne répondra plus, qui sera encore là pour m’écouter raconter à quel point j’aimais danser.