Mercredi soir, à l’Usine C, j’ai vu « Nous voilà rendu », la pièce d’Anne-Marie Ouellet et Thomas Sinou.
 
Elle met en scène des résidentes de CHSLD. Entre le début de ce projet et la présentation de la pièce elle-même, certaines des participantes sont d’ailleurs décédées. Barbarie ? Certainement pas ; les comédiennes ont bien trop l’air de s’amuser.
 
Même si tout en douceur.
 
Les apparitions de ces comédiennes, accompagnées toujours par la présence et les remarques aussi déroutantes qu’apaisantes de la metteure en scène, étaient entrecoupées de chorégraphies – magnifiques – de chaises roulantes. Le son, la musique, l’éclairage, les mouvements. Très réussi.
 
C’était tout à la fois lugubre et serein. Je n’avais jamais rien vu de tel. Peut-être parce qu’on apprend, illusoirement, à ne pas trop penser à la dure réalité de la vieillesse ?
 
Le travail m’amène régulièrement à traiter du proverbial « vieillissement de la population ». Souvent sous l’angle peu glorieux des finances publiques ou celui de l’état du réseau socio-sanitaire…
 
Rien de mieux qu’une artiste pour rebrasser les perspectives.
GH