Expositions à l'USINE C
Dans une perspective de complémentarité artistique, l’USINE C accorde une place importante à la diffusion des arts visuels.
Horaire
Mardi au vendredi : 14h00 à 17h30
+ 2 heures avant les représentations les soirs de spectacle.
Exposition du 7 décembre 2023 au 20 janvier 2024
Uvattini est un spectacle qui ouvre une fenêtre sur mon chez moi. Un voyage personnel, teinté d’une douce nostalgie.
Ce chez moi, ce sont mes souvenirs. Une maison déracinée construite à partir de chansons, de de lumière mais aussi de pénombre. Un espace de réconfort où le rythme du Nord se déploie et où les fantômes de mes parents adoptifs, de mes cousins, de mes oncles, de mes amis viennent danser à mes côtés.
Chanter est un prétexte pour raconter des histoires, partager ma vision du Nord, si unique et si apaisant. Un prétexte pour rappeler la beauté de mon peuple, les Inuit.
Autour de vous, découvrez un bout de ma quatrième dimension : quelques objets qui m’accompagnent et m’habitent. Des symboles, des œuvres, des pierres, des inspirations…
Je vous souhaite la bienvenue dans ce chez moi temporaire, à l’USINE C.
Elisapie (Lissie, Akumalik, Qupanuaq)
Exposition du 27 oct. au 30 nov. 2023
Sur les murs de l’USINE C, découvrez huit portraits saisissants de Louise Lecavalier, en noir et blanc et très grand format, qui subliment la personnalité unique de la danseuse et chorégraphe.
André Cornellier est photographe et proche collaborateur de Louise Lecavalier depuis près de 20 ans.
https://cornellierphoto.com/wp/
« Changement de Statut » est une série inédite de dessins faits au feutre et stylo métallique sur papier.
Pour créer ce projet, Shabnam Zeraati s’est inspirée des photos qu’elle a prises de deux danseurs de corde pendant le Festival de Jazz durant son voyage à Montréal avant son immigration au Canada.
En 2012, elle a dessiné cette série en petit format à l’aide de crayon et stylo métallique pour illustrer un texte qu’elle a écrit et conçu pour créer d’un livre d’artiste.
En 2023, suite à l’invitation de l’USINE C, elle a trouvé cette occasion en or de re-dessiner cette série avec cette nouvelle technique et, cette fois-ci, en grand format car elle y a trouvé une cohérence directe entre ses dessins et l’espace d’exposition qu’on lui a offert.
Dans sa pratique, elle utilise l’anthropomorphisme et les expressions animales pour donner un élément symbolique puissant et immédiat à ses dessins, fonctionnant sur un même registre que celui des contes populaires, des mythologies mais aussi de la littérature moderne. Ce procédé permet de mettre en scène la figure individuelle dans son rapport à l’autre afin de questionner les tensions sous-jacentes à la vie en société. Cet aspect hybride, mi-humain mi-animal, lui est crucial car il lui permet de lier l’imaginaire à des situations réelles, qu’elles soient historiques ou actuelles.
<dichotomie> est le manifeste d’un amour 2.0 à l’ère du jetable, du recyclable, du composte et du command d [delete]. Regard impudique sur l’archéologie de transmissions amoureuses, gorgées d’aspirations et de solitudes, <dichotomie> porte un regard doux-amer sur l’omniprésence des technologies dans nos vies.
Anatomie du coup de foudre 2.0, intense et éphémère : complicité ardente, frénétique et instantanée, amplificateur du sentiment amoureux. Un nombre inquantifiable de transmissions jpeg, mp3, d’hyperliens ++ une rythmique exaltante, avec ou sans autocorrecteur, en Helvetica, jour et nuit, à quatre pouces, sur nos téléphones intelligents.
Le projet nous questionne sur la manière dont les nouvelles technologies propulsent, transforment nos rapports humains,
<dichotomie> pose un regard sur les contradictions et les frontières perméables entre le réel et le projeté, le vrai, le faux, le concret, le sublimé, le face-à-face « Extended » que sont les communications texto dans une relation amoureuse. Territoire fragile et échaffaudé dans l’acte selfique où prennent forme le selfbranding et l’icônisation de soi.
Au-delà des qualités factuelles des technologies de poche, s’ouvre un espace qui génère un langage singulier, spontané, instantané. Un souffle parallèle à la vie. Ce prolongement du lien, comme un soluté, nourrit goutte à goutte le quotidien. Avec ou sans éthique, avec ou sans civilités, dans un espace-temps envahissant qui nous happe dans une bulle.
Avec <dichotomie> on passe de l’émoi au vide. Du plein au silence. De l’overdose de communications, à l’accumulation des traces épistolaires, des pièces à conviction, des nuits trouées de sommeil, dans une loop obsessionnelle « scrollable ». La constellation des possibles, des rêves projetés se voit effritée. Le rude passage des échanges fluides, effervescents et synchrones aux échanges chaotiques entrecoupés d'absences et de disparitions. Les sonneries, vibrations et alarmes deviennent alors sources de pincements au coeur, d’aspirations secrètes, perdues dans leurs interprétations.
Où trouver notre point d’enracinement dans une relation flottant entre le réel et le virtuel ?
<dichotomie> nous renvoie à la dualité des émotions dans notre quête d’un présent augmenté.
Cette exposition est le premier volet d’un projet en déploiement.
Grand merci au Conseil des Arts du Canada qui à rendu possible cette exposition. Immense gratitude pour Sarah Lévesque, Ziad Touma, mes complices depuis presque dix années. Merci à tout les collaborateurs.trices (volontaires & involontaires !), ainsi qu’à l’USINE C pour l’invitation.
Andrée-Anne Mercier présente deux séries d’illustrations numérique réalisés en 2021 et 2022. L’esthétique des oeuvres dépeinte dans l’exposition découle d’une recherche et documentation de maisons, couleurs et montagnes, faites au préalable par l’artiste à Hawaii. Suite à un processus numérique, les oeuvres en deux temps réfléchissent à la manière dont le métissage entre le réel et le virtuel modifie non seulement l’objet d’art lui-même, mais aussi notre perception du lieu initial. Les différentes couches et transformations appliquées ainsi que la superposition du numérique génèrent un résultat qui brouille ou accentue le souvenir gardé en mémoire. L’image finale au ambiance mystérieuse et aux couleurs animés fait écho à la fragilité des lieux qui nous entourent.
Intéressée par les thèmes de la mémoire et de la nostalgie, la démarche d'Andrée-Anne Mercier explore notre quotidien comme l’origine de la création picturale. Elle crée des ambiances qui magnifient les souvenirs individuels et collectifs. Les médiums de création choisis s’interrogent par leur paradoxe ; beaux-arts et arts numériques relançant un dialogue actuel à l’ère des technologies. Inspirée par son quotidien, ses recherches visent à questionner nos habitudes ainsi que notre relation à l’environnement et l’habitation. L’utilisation du numérique offre une occasion d’interroger le rapport entre la mémoire et la technologie. L’artiste explore de nouvelles possibilités d’interroger la maison dans son environnement, de se questionner sur sa charge émotionnelle, culturelle et historique ainsi que son potentiel d’adaptation. On peut considérer la maison comme une archive matérielle de changement et de développement, et constater visuellement que celle-ci s’adapte au lieu et à l’époque. L’utilisation du médium du jeu vidéo, permet à l’artiste de naviguer entre des questionnement féministes et éco-anxieux, tout en explorant le même esthétique que ses tableaux.
Artiste multidisciplinaire basée à Montréal, Andrée-Anne Mercier est diplômée du Baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’UQÀM et du D.E.S.S. en arts, création et technologies de l’Université de Montréal. Par la suite, elle a entrepris deux résidences d’artiste au Japon; Studio Kura et AIRY. Son travail inclue différent médium comme la peinture, l’installation, la modélisation 3D, l’animation 2D et le jeu vidéo. Au cours de la dernière année, elle a présenté son travail à la Foire Papier, à la Galerie Robertson Arès, à la Foire en Art Actuel de Québec et a collaboré dans différents projets avec Art Souterrain ainsi que la ville de Montréal.
L’exposition Puberty présente une série d’impressions d'archives à jet d'encre avec encre pigmentée signées par l’artiste, en collaboration avec Galerie COA.
Puberty est un projet d'autoportrait photographique qui examine le processus intime et vital du self-care en tant que personne transgenre non-binaire prenant de la testostérone à travers un traitement hormonal substitutif (THS).
Créé au cours une période de deux ans (2019-2020), ce projet combine couleurs surréalistes et environnements banals afin de documenter les moments quotidiens et les changements physiques lents et subtils se produisant pendant la transition hormonale de l’artiste. Considérant le THS comme un processus sans objectif final fixe, Puberty met les téléspectateurs au défi de considérer l'identité au-delà des pré-conceptions binaires.
Laurence Philomène est un.e artiste non-binaire de Montréal qui crée des photographies colorées inspirées par ses expériences vécues en tant que personne transgenre chroniquement malade. Sa pratique artistique célèbre l'existence trans et étudie l'identité en tant qu'espace en constante évolution à travers des images hautement saturées, cinématographiques et vulnérables.
S'intéressant à la création d'images à l'adolescence, Laurence a depuis utilisé la photographie comme espace à la fois pour expérimenter et documenter l'identité telle qu'elle s'exprime à travers le genre. Son travail vise à humaniser des identités historiquement marginalisées et à agir comme une lettre d'amour à leur communauté.
Dans Désert mauve — un livre à traduire, Symon Henry a composé les bases d’un projet d’opéra en faisant entrer en résonance l’imaginaire poétique et son propre univers sonore. Il a donc cherché à son tour, à s'imprégner des personnages et à imaginer les textures harmoniques irisées de leur environnement sonore, aux couleurs complexes, modulant constamment entre consonance et riche rugosité à l’image des couleurs du désert, toujours semblables, toujours différentes dans l’infinie complexité des détails.
Une rencontre désirante entre les arts visuels, la musique de concert et la poésie préside à la démarche de l’égypto-québécois·e Symon Henry. Délaissant l’écriture conventionnelle formée de notes accrochées à une portée, sa musique se lit et s’interprète plutôt depuis un ensemble de dessins formant des tableaux sonores. Ces derniers sont conçus pour être interprétées par des musicien·nes en concert, mais aussi pour qu'ils puissent être entendus par tout un chacun, dans l’intimité de son écoute intérieure. Depuis 2012, Henry ne compose que de la sorte, encres, pastels ou peinture Flashe en main, quelques règles simples en tête : les partitions se lisent de gauche à droite ; les couleurs correspondent aux différents instruments ; un trait foncé correspond à un son fort, pâle à un son plus doux ; en haut de page il est aigu, plus bas il est grave ; etc.
Habité·e des mondes des compositeur·rices Cornelius Cardew, Jennifer Walshe et Cecil Taylor, de l’univers sonore de la diva égyptienne Oum Kalthoum, puis des traits coulants et des couleurs tracées de Cy Twombly, Henry se positionne dans une filiation de la partition comme espace de précision et de liberté, d’ambiguïté et de métissage entre les genres canoniques et les influences. En résultent des propositions lyriques, bruitistes et intimistes mues par une envie de revalorisation de la complexité des interactions entre ses identités — queer, migratoire, amoureuse du bruit du monde.
Toutes les partitions du projet – originales et reproductions – sont en ventes.
Pour informations : symon_henry@yahoo.ca
Les papiers peints de demain est une série d’œuvres de Diane Gougeon développées autour de réflexions sur la nature dans le contexte de la crise climatique. À l’aide de papiers peints créés numériquement, imprimés et adaptés aux lieux publics qui les accueillent, l’artiste interpelle les spectateur.trice.s sur des enjeux tels que l’extinction des espèces, le réchauffement de la planète, la pollution atmosphérique, etc. Grâce à des marqueurs de réalité augmentée dans les œuvres, le public peut accéder à du contenu sonore à partir de leurs appareils mobiles.
Ici, nous retrouvons toutefois majoritairement des nuages créés par l’activité humaine, dont l’omniprésence a mené à de nouvelles classifications. Ainsi, les homogenitus, qui comprennent autant les traînées de condensation des avions que les fumées de centrales nucléaires, sont, pour l’artiste, des symboles de la transformation que l’être humain fait subir à son environnement. Des motifs de drones, destinés à ensemencer des nuages pour produire de la pluie, illustrent aussi le paradoxe notre intervention pour régler un problème que nous avons nous-mêmes contribué à créer.
L’imagerie utilisée réfère également aux particules fines dans l’air, par la représentation d’anodes de cadmium et de cubes de nickel, des polluants tirés de la production industrielle. À la manière d’un ciel étoilé, d’où pleuvent des objets brillants, le papier peint restitue un rapport ambivalent au progrès et aux promesses de la technologie.
Par le biais de dispositifs multidimensionnels, le travail de Diane Gougeon explore les aspects symboliques et phénoménologiques de la médiation du monde physique telle qu’elle est opérée par la technique. Les formes que prennent les œuvres proposent une expérience momentanée, qualitativement différente, où l’accent est mis sur la perception sensorielle et l’exploration de matières issues du monde naturel. Depuis une trentaine d’années, ses installations et œuvres photographiques ou vidéographiques ont été présentées dans le cadre de nombreuses expositions, individuelles et collectives, et ont occupés autant des espaces publics que privés. Diane Gougeon a également réalisé plusieurs projets d’art public au Québec.
La couverture de la brochure de saison 2022-23 de l’USINE C est une œuvre extraite de la série Musement de l’artiste visuelle et illustratrice québécoise Marianne Chevalier. Le musement représente notre pensée qui roule sans cesse, tel un flot continu en arrière-plan. Ces séquences d’images sont pareilles à une déambulation, à une flânerie de l’esprit. L’USINE C accueille une exposition complète des tableaux de l’artiste en ouverture de saison.
« Par le biais du collage et de la sérigraphie, je m’intéresse à la fabrication de formes organiques et à l’élaboration de légendes. Mes collages sont réalisés de manière automatique avec des fragments issus d’images photocopiées. La provenance de ces morceaux trouvés est diverse : peintures anciennes, motifs de vêtements, planches encyclopédiques, gravures publicitaires, cheveux photocopiés, etc. J’utilise ce que je considère intéressant non seulement au niveau graphique mais également au niveau conceptuel. Construisant mes collages avec spontanéité, je joue avec l’échelle et la répétition des motifs et des textures. Je décontextualise des éléments connus et les réassemble avec d’autres; je crée ainsi une nouvelle réalité. En concevant ces images, je développe une narration métaphorique. Les formes nées de ces collages semblent être issues d’un conte oublié évoluant dans un cadre surréaliste. La réalisation arbitraire des assemblages s’apparente sensiblement au fonctionnement de la mémoire où le stockage de données est constamment bougé, remanié, réagencé : ce qui ouvre sur un foisonnement en constante expansion.
Le côté « récit » est un aspect important de ma démarche. Inspirée par les contes de fées dans leur version d’origine, par les mythologies, les imageries alchimiques et les fabliaux du Moyen-âge, je m’intéresse à l’ambiance brutale et inquiétante qui émane parfois de ces sources imagées. Je cherche à recréer des univers graphiques où cette atmosphère est palpable.
Une fois mes collages terminés, je les imprime en sérigraphie sur papier ou panneaux de bois. Cela me permet de multiplier l’oeuvre, d’en faire des variations. Cela me permet également d’intégrer la couleur et d’exploiter les jeux de transparence, indissociables de cette technique d’impression. » Marianne Chevalier
DÈS LE 17 NOVEMBRE
David Armstrong VI Sculpture
Suite aux importants travaux de rénovations et de mise à niveau de ses équipements, 25 ans après sa fondation dans les anciennes usines Raymond, l’USINE C a mené un concours d’oeuvre publique 1 % et est fière de dévoiler la sculpture Entre l’ombre et la voix de l’artiste canadien David Armstrong VI qui sera inaugurée dans le jardin cet hiver.
La sculpture se déploie comme une suite de proliférations harmonieuses, un peu végétales, peut-être animales, mais surtout curieusement fluviales et définitivement anthropomorphes. À cette occasion, plusieurs autres oeuvres du sculpteur seront présentées en intérieur.